Hommage au gendarme Decamme par la première promotion de l’Ecole de Gendarmerie de Dijon

Mercredi matin, une cérémonie inédite a eu lieu à Recey-sur-Ource. 116 élèves de la première promotion de l’Ecole de gendarmerie de Dijon, accompagnés d’officiers étaient présents pour rendre un hommage au gendarme André Decamme, gendarme FFI, assassiné par l’occupant allemand le 21 août 1944.

Les élèves gendarmes, à l’issue de leur formation doivent choisir un parrain de promotion, c’est ce qu’ils ont fait avec le gendarme Decamme.

IMG_2944 copieAprès un arrêt devant la mairie de Recey, une plaque, à l’endroit où le gendarme Decamme est tombé, a été dévoilée en présence de Mme Annick Bequerelle, la fille d’André Decamme et de sa famille, du conseil municipal de la commune et des officiers de gendarmerie.

Le Colonel Bertrand François, chef de corps de l’école de gendarmerie a rappelé l’importance du devoir de mémoire, de l’engagement et du dévouement pouvant aller jusqu’au sacrifice, en soulignant la force du symbole dans le choix du parrain de la promotion qui incarne ces valeurs.

Une cérémonie pleine d’émotion qui marque une des dernières étapes de la formation des jeunes gendarmes avant leur remise de galons et leur affectation dans un des corps de la gendarmerie.

 

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Récit de l’événement tragique du 21 août 1944, écrit par Michel Malnoury (1943-2007)


Le 21 août 1944, les FFI locaux avaient pris un véhicule à chenilles avec deux allemands à son bord à quelques kilomètres d’ici, à la Courroierie. Un allemand a réussi à s’enfuir tandis que l’autre est conduit au Petit Saint Broing.

En représailles, d’autres soldats allemands arrivent à Recey et prennent au hasard dix personnes qui se trouvent à ce moment-là sur la place de l’église et les conduisent à Langres.

Au même moment, un gendarme FFI à moto, âgé de 22 ans, qui apporte un pli à un maquis local de La Chaume ou du Petit Saint Broing, nommé André Decamme, arrive à Recey par la route de Saint Broing les Moines. Les femmes qui habitent la Tannerie (à proximité de la gendarmerie actuelle) l’avertissent que les allemands sont sur la Place à Recey, que la situation n’est pas sûre et qu’il faudrait mieux ne pas y aller. N’écoutant que son courage, il continue et arrive à Recey sur la place où les Allemands le somment de s’arrêter. Il n’obtempère pas et remonte la rue Lacordaire, où il reçoit une balle dans la cuisse. Il fait alors demi-tour et s’écroule rue de la Liberté. Les voisins : Messieurs Paul Malnoury et André Jaury, au péril de leur propre vie, se portent à son secours, mais les Allemands qui l’ont suivi, le rejoignent et l’achèvent d’une balle dans la tête, épargnant les deux autres hommes.

Cet événement tragique a profondément marqué les esprits des Recéennes et des Recéens. Une stèle commémorative fut apposée sur les lieux du drame. A chaque commémoration patriotique, une gerbe est déposée ici dans un profond recueillement, le devoir de mémoire se faisant ainsi spontanément, à l’initiative des Anciens Combattants.


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